Belgitude
Le monde a toujours aimé rire de nos accents, de nos expressions, de nos mots surréalistes et détournés, ceux qui font d’un objet un brol, d’une pluie battante une drache nationale ou d’un pain au chocolat, une délicieuse koek choco. Et pourtant, chacun d’eux capture avec un charme inouï toute la magie de cette culture belge, fascinante et merveilleuse.
Dans la grande famille qui unit Molière au Grand Jojo, les Belges sont souvent considérés comme les petits cousins bigleux et maladroits, ceux qui trébuchent sur l’éloquence française bien qu’on les aime beaucoup. Et si l’on peut y voir une forme de mépris ou même d’indifférence, je pense au contraire qu’elle attise une jalousie secrète, celle de notre liberté. Cet air pur que respirent à pleins poumons ceux dont on n’attend rien, cette latitude qui nous permet d’évoluer, de créer et de nous exprimer sans pression, ni exigence. La liberté qui fait éclore le meilleur de nous-mêmes, là où chaque pas est un choix et non une réponse requise. Cette liberté qui fait briller notre autodérision, notre poésie, nos folklores langagiers et la sublime simplicité de nos phrases déconstruites…
Il y a dans la langue belge, une joie chaleureuse, explosive et virale, qu’elle s’exprime « une fois » ou deux, qu’elle mélange les serviettes et les essuies ou qu’elle dîne chaud à midi en se délectant de carbonades flamandes. C’est de cette joie qu’on s’inspire chaque jour et à travers elle qu’on se connecte à l’autre, dans cette envie enracinée et naturelle de communiquer sans compter.
Ce que nous aimons au Cabinet d’Écritures, c’est accrocher un sourire belge sur le visage de l’excellence française. Prêter une attention particulière aux mots et à leurs vibrations, pour que chacun d’eux résonne comme un écho de votre voix, celle de vos projets.
À la revoyure !
Amélie Gersdorff